Pas de tour, pas de gratte-ciel. Aucune métropole ne répond
moins à l'idée que l'on se fait de l'Amérique que
la capitale des Etats-Unis. Un fleuve, le Potomac, serpentant dans la verdure.
Des avenues larges, propres, aérées. Des bâtiments
bas, d'un classicisme rassurant. Des temples gréco-romains à
frontons et colonnes doriques où se logent ministères et organismes
officiels. Le centre de Washington ressemble à l'une de ces cités
idéales telles qu'on les rêvait dans l'Europe du XVIIIe
siecle finissant. Pas étonnant puisque c'est un Français,
Pierre-Charles L'Enfant, qui en a dessiné les plans vers 1780, au
lendemain de l'Indépendance américaine.
Histoire
C'est le 15 avril 1791 que George Washington posa solennellement la première
borne du domaine. Il ne restait plus qu'à la construire. Un plan
avait été dressé par L'Enfant, qui, passionné
par la cause américaine, avait précédé Lafayette
outre-atlantique. Promu urbaniste, il avait dessiné une cité
gigantesque. L'axe central de la ville était le Mall, une avenue
de 100 pieds de large, proportions ahurissantes pour l'époque. Cette
avenue symbolique reliait le législatif à l'exécutif.
Le projet rencontra des difficultés sans nombre. En 1800, toutefois,
la résidence du président ainsi que le bâtiment du
congrès étaient terminés de sorte que les représentants
purent sièger pour la première fois à Washington en
novembre. La population s'élevait alors à 2464 citoyens libres
et 623 esclaves noirs.
En 1814, les troupes anglaises incendièrent la ville. Mais, plus
tard, la guerre de Sécession bouleversa la situation. Une industrie
d'armement naquit, des états-majors, des troupes envahirent la ville.
On installa un hopital militaire au Capitole. A la fin de la guerre, la
capitale s'enrichie de 40000 esclaves noirs libérés vers
les années 1870.
Ce n'est que dans les années 1920-1930 qu'ont été
réalisés les grands édifices gouvernementaux, les
monuments et les musées.